Conseiller.ère d’orientation : Le secteur Réadaptation et Santé mentale
Votre APE
Dans le cadre de la Semaine de la sensibilisation à la santé mentale, nous jugions important de la souligner en présentant un secteur de pratique méconnu en Orientation professionnelle : réadaptation et santé mentale. L’orientation professionnelle demeure un domaine fortement relié à la relation d’aide et la réalité de plusieurs conseillers et conseillères d’orientation est de travailler auprès d’une clientèle ou d’usagers vivant avec des enjeux de santé mentale. Cependant, tout individu a droit à une réflexion sur son projet professionnel et la réadaptation devient alors un objectif primordial dans la conception de son plan de vie personnel, professionnel et scolaire.
Pour cet article, je me suis entretenue avec deux conseillers d’orientation de la région de la Capitale-Nationale, œuvrant dans des organismes ou des cliniques misant sur la réinsertion socioprofessionnelle et sur le cheminement psychosocial en employabilité. Nous les nommerons Conseiller A et Conseillère B. À noter que la réadaptation inclut les incapacités liées à des conditions physiques, sensorielles et mentales.
Adapter l’orientation à la réadaptation
Pour Conseiller A, sa pratique vise « l’accompagnement des personnes ayant des problématiques importantes, au niveau de la réadaptation, qui affectent leur intégration socioprofessionnelle » sur les trois plans nommés – physique, psychologique et sensoriel. Finalement, c’est d’outiller la personne dans une rééducation qui lui permettra de s’adapter, entre autres, au marché du travail.
Conseiller A nommait également qu’il lui aura fallu être sur le terrain pour mieux saisir le secteur de la réadaptation. Il faut encore se battre contre le stéréotype du conseiller d’orientation classique. Il serait certainement pertinent de voir comment l’expertise d’un conseiller est favorable dans ce type d’environnement. « La sphère de l’identité, c’est essentiel pour la personne », et ce, autant que ce l’est pour le travailleur social (TS), qui effectue un travail exceptionnel pour miser sur le microsystème de la personne, et le psychoéducateur qui amène des outils pertinents qui s’intègrent dans le quotidien de la personne. « Donc, pour le c.o., c’est dans cette reconstruction de l’identité qu’il devient complémentaire », car il aidera à renforcer l’identité professionnelle, à travers les défis et les enjeux vécus. Il soutiendra l’individu à s’adapter autrement aux réalités vécues en emploi. Enfin, le psychologue ou le psychothérapeute ajouteront leur expertise pour un travail plus profond auprès de l’individu. Et ce serait peut-être là une particularité précieuse en réadaptation, selon Conseiller A : la multidisciplinarité de l’équipe d’intervention.
La réadaptation sur le terrain
L'expertise des c.o. leur permet d'intervenir avec justesse dans toutes les activités liées :
- à l'élaboration d'un projet d'insertion socioprofessionnelle dans le marchée du travail (général, adapté ou non compétitif);
- au cheminement psychologique dans le processus de deuil face au rôle de travailleur ou d'étudiant;
- au soutien de la démarche de reconstruction identitaire de la personne;
- à la recherche et à la transmission d'information scolaire et professionnelle;
à la définition d'un pronostic d'employabilité;
à l'adaptation au travail ou aux études en vue du maintien dans le milieu.
Sur le site de l’OCCOQ, nous comprenons que le c.o. en réadaptation et santé mentale agit à divers niveaux. Donc, plus concrètement :
Conseillère B, quant à elle, me rappelle que ce secteur d’activité peut aussi s’étendre en contexte de dépendances ou avec une clientèle judiciarisée. « La toxicomanie est quelque chose qui va faire partie de la personne, semblable à une limitation physique ou une problématique en santé mentale ».
Par exemple, dans son travail, elle doit faire preuve de flexibilité et de créativité et, parfois, s’ouvrir à des méthodes alternatives, mais qui respectent le cadre professionnel et déontologique de l’orientation. La modélisation (théorique), les activités d’apprentissage (ateliers) ou même l’intervention par les pairs deviennent des moyens considérables dans la rééducation socioprofessionnelle.
La présence du conseiller d’orientation demeure pertinente dans ce secteur de pratique. Pour Conseillère B, le rôle du c.o., dans ce secteur, reste encore, malheureusement, méconnu. Pourtant, ce dernier peut, effectivement, apporter un soutien significatif, parce qu’il accompagne l’individu à trouver un sens à sa vie en dehors de ses difficultés (dépendances ou limitations), à élaborer un projet et à le visualiser à plus long terme.
« Les c.o. ont aussi le potentiel de pouvoir insuffler un souffle d’espoir à leur clientèle ».
Christie S. Mulimbi, conseillère d'orientation

Remerciements
Je tiens à remercier les conseillers A et B qui ont offert de leur temps et qui, depuis cet entretien, ont évolué professionnellement vers des milieux leur permettant de déployer davantage leur expertise et leur talent naturel en intervention.
Sources :
https://www.orientation.qc.ca/secteurs-de-pratique-des-conseillers-d-orientation/readaptation-et-sante-mentale
https://sante.gouv.qc.ca/repertoire-ressources/autres-ressources/
https://www.statcan.gc.ca/o1/fr/plus/7109-semaine-de-sensibilisation-aux-maladies-mentales-regard-sur-la-sante-mentale-des-jeunes